quarta-feira, 15 de abril de 2009

Le Polisario appelle le Conseil de sécurité de l’ONU au démantèlement du mur de la honte


Bir Lahlou (territoires libérés), Le représentant permanent du Front Polisario auprès de l’ONU, Boukhari Ahmed a appelé le Président du Conseil de sécurité, Claude Heller, à agir auprès de Rabat pour le démantèlement du mur de la honte : crime contre l’humanité, érigé par le Maroc au Sahara occidental depuis des décennies.

Le diplomate sahraoui a rejeté les allégations officielles et publiques du Maroc, selon les quelles, ""quelque mille quatre cents personnes, dont des étrangers, … munis d’armes individuelles et de détecteurs de mines ont procédé au tir de plusieurs coups de feu …" , précisant qu’il s'agissait "d'une grande manifestation pacifique, massive effectuée par des civils et des ressortissants étrangers qui n'étaient pas armés, ni équipés de détecteurs de mines anti-personnel, et n’ont pas tiré de coup de feu, du tout en présence des médias internationaux".

Le Maroc viole systématiquement les droits de l'homme au Sahara Occidental, exploite illégalement les richesses naturelles du territoire, et y pratique ce qu’il veut à l'abri d'une occupation illégale qui se poursuit au mépris des résolutions de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité, de l'Union africaine et du Mouvement des pays non alignés, a ajouté M. Boukhari dans sa lettre.

Voici à présent le texte intégral de la lettre dont une copie est parvenue à SPS.

"B/e/sc/3/4/09
SE M. Claude Heller
Président du Conseil de sécurité
Nations unies
New York, 13 avril 2009


Monsieur le Président


Selon des instructions officielles, j'ai l'honneur de vous informer de ce qui suit:
Le 10 avril dernier une manifestation pacifique a été organisée face au mur construit par le Maroc au cœur de notre pays, un symbole de ce que la résolution de l'Assemblée générale 34/37 catalogue comme une "occupation militaire", qui a réuni des centaines de défenseurs des droits de l'homme, des personnalités du monde de la culture, des médias et de la société civile sahraouie et étrangère. Plusieurs Sahraouis ont été blessés après l'explosion de mines posées par le Maroc sur le territoire, provoquant la perte du pied de l'un d'eux.

Le Front Polisario, qui a exprimé sa sympathie et sa solidarité avec les blessés et leurs familles, estime que ce tragique incident souligne le besoin urgent pour que le Maroc mette à la disposition de l'ONU et des ONG européennes, comme Land mine Action, toutes les informations disponibles pour détecter, identifier et neutraliser les mines, de sorte que les populations civiles et autres Sahraouis, ainsi que le flux de bétail répandu dans la région, ne constituent pas un péril pour leur vie en l'absence d'une délimitation suffisante des champs de mines lorsque Il y a près de 5 millions de mines anti-personnel plantées par les forces d'occupation marocaines.

Contrairement aux allégations officielles et publiques du Maroc, ce n'est pas une activité ni une action militaire. Il s'agissait d'une grande manifestation pacifique, massive effectuée par des civils et des ressortissants étrangers qui n'étaient pas armés, ni équipés de détecteurs de mines anti-personnel, et n’ont pas tiré de coup de feu, du tout. Les médias internationaux étaient présents.

Le Maroc viole systématiquement les droits de l'homme au Sahara Occidental, exploite illégalement les richesses naturelles du territoire, et y pratique ce qu’il veut à l'abri d'une occupation illégale qui se poursuit au mépris des résolutions de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité, de l'Union africaine et le Mouvement des pays non alignés.

Il n'est certainement pas bien placé pour demander à l'ONU d'assumer toute responsabilité pour avoir saboté tous les efforts entrepris par l'Organisation plus de trois décennies, et est donc mal placé pour tenter aujourd'hui de déformer délibérément un acte et le cataloguer comme étant une violation du cessez-le-feu.

Les termes de l'accord militaire signé par les deux parties avec la MINURSO sont clairs et plusieurs rapports du Secrétaire général des Nations unies indiquent que le Maroc ne les a jamais respectés et n’a pas respecté également les termes du mandat que le Conseil de sécurité a octroyé, dans ses résolutions 650 (1990) et 680 (1991), à la Minurso pour l’organisation d’un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, élément indissociable du cessez-le-feu actuellement en place.

Le Maroc devrait fournir de meilleures preuves pour la communauté internationale qu'il est animé d’une volonté politique sincère pour coopérer avec l'ONU dans le règlement juste et durable du conflit créé par la longue occupation de notre pays, plutôt que de verser dans le divertissement pour détourner l'attention de ce qui est essentiel.

Tout d'abord, compte tenu de l'urgence créée par des faits documentés et prouvés par les différents organismes internationaux, la meilleure preuve de cette volonté sera de permettre à la MINURSO d'inclure dans son mandat, la question des droits de l'homme dans le territoire. Si les deux parties déclarent n’avoir rien à cacher à la communauté internationale, cette inclusion ne devrait pas présenter de difficultés majeures, et elle aura un bon écho au sein du Conseil de sécurité.

Deuxièmement, accepter les mesures de confiance politiques et militaires proposées à leur moment aux deux parties dans le cadre des négociations à Manhasset pour aider à réduire la tension et à préserver la vie des civils résidents, des visiteurs et des immigrants illégaux dans la région de la menace de mines.

Enfin, aller vers une éventuelle reprise des négociations directes avec un esprit ouvert, de bonne foi, sans pré-conditions qui affectent la substance, le cadre et les objectifs du processus de règlement pacifique engagée dans le cadre de la résolution 1754 (2007).

Je vous remercie beaucoup, Excellence, de porter le contenu de cette lettre à la connaissance des membres du Conseil de sécurité.
Je saisis cette occasion pour vous exprimer ma très haute considération.
Boukhari Ahmed

Représentant F. Polisario".

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