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sábado, 27 de junho de 2009

FRANÇAFRIQUE-CORRUPTION DE LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LA FRANCE


Imaginez un seul instant que le président Bush (le père ou le fils, c'est au choix) déclare un jour, après la mort d'un dictateur sud-américain, que ce dernier a financé les campagnes électorales de Bill Clinton, d'Al Gore ou de Barack Obama. Imaginez la tempête médiatique qui s'en suivrait. Flashs en rafales, tables rondes, experts convoqués dès les aurores pour les émissions d'informations matinales et débats interminables. Excités par l'odeur du sang, les networks américains ne lâcheraient pas prise, obligeant les mis en cause à réagir et à prouver leur innocence. Dans le même temps, il y a fort à parier que trois ou quatre sénateurs, qu'ils soient républicains ou démocrates, décideraient alors la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire le tout dans une ambiance survoltée où l'indignation, qu'elle soit sincère ou feinte, le disputerait à la colère.

Revenons maintenant à ce qui vient de se passer après la mort d'Omar Bongo. L'ancien président, Giscard d'Estaing, a officiellement affirmé que le président gabonais avait financé une campagne électorale de Jacques Chirac. Ce dernier a démenti, nous avons eu droit à quelques articles résumant les faits, deux ou trois éditoriaux à l'eau tiède dénonçant ces pratiques censées être d'un autre âge ; nous avons eu droit aussi à de bonnes caricatures, notamment celles de Plantu dans Le Monde, à quelques gags savoureux des Guignols et puis c'est tout. Terminé, le rideau a vite été baissé et tout le monde s'est précipité à Libreville pour assister aux obsèques du « dernier baobab ».

Voilà un contraste qui résume bien ce qu'est la françafrique. Soyons clairs : il ne s'agit pas de magnifier les médias américains. On sait très bien quelle fut leur responsabilité dans l'invasion de l'Irak en 2003. Personne n'ignore que la presse étasunienne a elle aussi ses indignations sélectives comme le montre cette seule statistique : il y a eu dix fois plus d'articles consacrés à l'affaire Monica Lewinsky que pour les manipulations orchestrées par l'administration Bush pour convaincre du bien-fondé de l'invasion en Irak. Néanmoins, l'idée même que de l'argent étranger puisse clandestinement irriguer la vie politique serait insupportable à des millions d'Américains. Et ils ne seraient pas les seuls dans ce cas. Dans n'importe quel pays, le financement étranger des élections est vécu comme une ingérence inacceptable, ses bénéficiaires étant facilement qualifiés de traîtres à la nation.

Dans le cas de la françafrique, c'est le règne du sourire amusé et du cynisme. « Un secret de polichinelle », réplique-t-on à celui qui s'étonne du fait que les déclarations de Giscard aient finalement l'effet d'un pétard mouillé. « Règlement de comptes de la part d'un homme politique qui n'a jamais digéré sa défaite de 1981 », ajoute-t-on comme pour mieux déconsidérer l'auteur de l'aveu et donc l'aveu lui-même. Cela devrait être une affaire d'Etat, ce n'est qu'une péripétie destinée à alimenter les colonnes de la presse satirique. Voilà ce qu'est aussi la françafrique ! C'est une réalité intégrée qui n'indigne guère les bonnes consciences républicaines.

Un président étranger finance la vie politique française, exige, et obtient, la tête d'un ministre de la Coopération qui voulait justement s'attaquer à la françafrique, et tout cela se fait sans turbulences ni polémiques. Comment expliquer cela ? Bien entendu, il y a plusieurs raisons. Mais il y en a deux qui sont rarement avancées et sur lesquelles il est utile de s'attarder un peu. La première concerne le fonctionnement des médias. Dans les rédactions, et quoi qu'on en dise en Afrique, nombre de journalistes qui couvrent ce continent ont toujours essayé de faire éclater la vérité et de pointer du doigt les dessous inadmissibles de la françafrique, dessous où le transfert de valises bourrées d'argent pour arroser les partis politiques français n'est qu'un travers parmi tant d'autres.

Mais ces journalistes doivent composer avec une autre corporation, celle des journalistes politiques bien décidés à garder leur monopole et à ne surtout pas s'aliéner un microcosme qui les nourrit d'anecdotes et de petites phrases. Si la françafrique n'a jamais été élevée au rang de scandale national, c'est parce que les journalistes politiques français dans leur grande majorité s'y sont toujours opposés. Et aujourd'hui encore, ce sont eux qui relativisent les révélations de Giscard D'estaing quand ils ne les tournent pas en dérision. Cette caste est prisonnière du monde qu'elle est censée surveiller. Du coup, les spécialistes qui couvrent l'Afrique n'ont plus qu'un seul moyen pour informer : ils écrivent des livres, dont certains sont implacables vis-à-vis de la françafrique mais dont, malheureusement, l'impact vis-à-vis de l'opinion publique reste encore limité.

L'autre raison peut paraître plus subjective. Si cet argent qui vient d'Afrique pour financer les élections mais aussi pour alimenter le marché immobilier hexagonal, les boutiques de luxe et les grands hôtels, ne pose visiblement aucun problème, c'est peut-être parce qu'il existe un inconscient français qui estime que ces millions pour ne pas dire ces milliards d'euros appartiennent à la France. C'est cette conviction de bon droit plus ou moins affichée qui met en rage les Africains et les fait dénoncer, parfois de manière confuse, cet héritage pesant et direct de la colonisation.

Et le plus dur dans l'affaire est d'arriver à dissocier les deux. Quand les Africains s'en prennent à la françafrique, nombreuses sont les personnalités françaises, des politiques mais aussi des intellectuels, qui soupirent d'un air entendu en disant : « ils nous parlent encore de la colonisation ». En réalité, il ne s'agit plus de colonisation mais d'une nouvelle forme de domination et de captation de richesse d'autrui qui passent par le soutien à des dirigeants peu scrupuleux vis-à-vis du bonheur de leur peuple.

par Akram Belkaïd

MAROC-MACHINE À PROPAGANDE (MAP) ET SERVICES SÉCRETS DU MAKHZEN


L'agence de presse officielle marocaine condamnée en Espagne

Bête noire du gouvernement marocain et du makhzen, le journaliste Ali Lmrabet vient de gagner le procès intenté au chef du bureau de Madrid de l'agence officielle, Maghreb Arabe Presse (MAP), Saïd Ida Hassan.

Un tribunal d'Almeria a condamné Saïd Ida Hassan et la MAP à 12 000 euros d'amendes pour diffamation et atteinte à l'honneur du journaliste Ali Lmrabet. N'écoutant que son «patriotisme», IDA Hassan s'était rendu de Madrid à Almeria en avril 2005 pour bizuter une conférence sur l'immigration que donnait Lmrabet à l'université d'Almeria. Le correspondant de la MAP n'y est pas allé par quatre chemins. Il avait pris la parole en se présentant comme correspondant de la MAP et membre du Syndicat national de la presse marocaine pour faire le procès du journaliste. Il l'a accusé d'avoir écrit dans un journal espagnol que «tous les Marocains résidant en Espagne étaient des terroristes». Ce que le journaliste avait oublié est qu'il était en Espagne et qu'il serait dans l'obligation d'apporter les preuves de ses assertions devant un tribunal. Ali Lmrabet a estimé que le chef de bureau de la MAP était en mission commandée, qui n'avait rien à voir avec son métier de journaliste, l'avait attaqué en justice en exigeant qu'il fournisse à la justice l'article où il aurait accusé les Marocains vivant en Espagne d'être des terroristes. L'article n'existait pas bien entendu et Ali Lmrabet trop bon journaliste et trop respectueux des Marocains pour écrire une telle ânerie. L'assertion faite en public était clairement du dénigrement à l'encontre d'un journaliste en rupture de ban et interdit d'exercer dans son pays. Le fait que ces accusations viennent du chef du bureau de l'agence de presse officielle montrait clairement une confusion entre journalisme et police politique. Le chef du bureau de la MAP a d'ailleurs récidivé en prenant la parole pour insulter le militant sahraoui, Ali Salem Tamek, lors du Forum social de Barcelone. Le service d'ordre du Forum l'a expulsé de la salle. La victoire de Lmrabet est totale. Le Tribunal a condamné Saïd Ida Hassan et l'agence MAP qui n'ont pu produire l'article en question à payer solidairement 12.000 euros à Ali Lmrabet, à publier la sentence dans deux journaux espagnols et à assumer les frais de justice.

La victoire d'Ali Lmrabet est d'autant plus totale qu'en février 2008, la cour d'appel de Madrid avait débouté le même chef du bureau de la MAP ainsi qu'un de ses collègues, Mansour Madani, actuellement correspondant à Paris, à propos d'un article de Lmrabet dans El Mundo, intitulé «une armée de mouchards». Lmrabet y accusait les journalistes de servir d'informateurs aux services marocains. Condamné dans un premier jugement, Ali Lmrabet a gagné en appel le procès qui lui était intenté par les journalistes de la MAP.

La MAP et les services marocains

Au sujet des liens entre l'agence MAP et les services marocains (DGED), la cour d'appel a donné raison à Lmrabet. «La relation entre l'agence d'information marocaine, MAP, et la direction générale d'études et de documentation, DGED, est suffisamment prouvée sur la base des reportages déjà publiés dans d'autres médias de communication de ce pays (Maroc), et qui sont présents dans ces actes», avait estimé la cour d'appel espagnole. La cour d'appel madrilène avait condamné aux dépens les deux correspondants de la MAP. Pour rappel, Ali Lmrabet a été condamné en 2003 à quatre ans de prison ferme pour «outrage à la personne du roi», «atteinte à l'intégrité territoriale» et «atteinte au régime monarchique». Il a été gracié en janvier 2004 avec six autres journalistes. En Avril 2005, Lmrabet, qui exerce au journal espagnol El Mundo, avait été condamné par un tribunal de Rabat à une amende de 50.000 dirhams et à dix ans d'interdiction d'exercer le journalisme. On lui reprochait un reportage sur les Sahraouis à Tindouf. Et, surtout, une déclaration à un hebdomadaire marocain où il estimait que les Sahraouis n'étaient pas séquestrés à Tindouf et pouvaient se déplacer librement. Un sacrilège portant atteinte à un élément central du discours-propagande marocain sur le Sahara occidental.

par M. Saâdoune

Sahara Occidental: Ross à Alger pour relancer le processus de Manhasset


L'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental, le diplomate américain Christopher Ross, s'est déclaré mercredi à Alger confiant dans la recherche d'une solution au dossier de décolonisation dans ce territoire occupé depuis 1975 par le Royaume chérifien. Après avoir discuté avec le président Bouteflika des voies et moyens de dégager ce dossier du bourbier dans lequel il a été enfoncé par le Maroc depuis la fin du cessez-le-feu en 1991, le diplomate américain a souligné dans une déclaration à la presse que «la recherche d'une solution par les Nations unies (à ce conflit) est sur le bon chemin». Le déplacement à Alger de M. Ross est d'abord dicté par la nécessité de consultations avec l'Algérie sur l'organisation et la reprise du processus de discussions, dit de Manhasset.

Ce processus avait été interrompu brutalement après des déclarations tendancieuses de l'ex-représentant du SG de l'ONU, le diplomate néerlandais Peter van Valsum qui avait douté de l'issue positive de ce conflit. M. Ross est donc venu à Alger écouter et discuter des modalités de reprise des discussions de Manhasset entre le Front Polisario et le Maroc. «Je crois que nous sommes sur le bon chemin pour procéder à la prochaine étape dans la recherche d'une solution à cette grande question», a affirmé le représentant de M. Ban Ki-moon.

Selon des sources proches du dossier, le passage à Alger de M. Ross, déjà attendu par les Sahraouis et les Marocains, devrait donner des signaux forts pour l'amorce d'un 5è round de négociations entre les parties au conflit.

De son côté, le Front Polisario avait déclaré samedi dernier «attendre avec intérêt» la visite dans la région du diplomate US. M. Mohamed Sidati, membre du secrétariat national du Front Polisario a indiqué que «on parle à nouveau d'une visite dans la région du représentant personnel du SG de l'Onu. Nous l'attendons avec intérêt et impatience», avant de préciser que «nous allons voir tout ce qui est de nature à débloquer la situation concernant le processus de décolonisation des territoires occupés du Sahara occidental». Selon M. Sidati, «cette visite sera l'occasion d'entamer des rencontres informelles pour des négociations directes en vue de la mise en application de l'autodétermination du peuple sahraoui». Il ajouté que «le Front Polisario et le peuple sahraoui seront toujours présents et coopéreront étroitement avec les Nations unies à ce sujet», mais, il a averti que «le peuple sahraoui est déterminé à défendre ses droits par tous les moyens légitimes».

Par ailleurs, au sein de la direction politique du Front Polisario, on estime que la question des droits de l'Homme dans les territoires occupés doit être dorénavant prise en charge par la communauté internationale. L'intégration de la question de la surveillance des droits de l'Homme dans le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) est ainsi devenue une nécessité par rapport à la situation dans les territoires occupés par le Maroc.
Cette demande a été formulée par le président de la Coordination européenne des comités de solidarité avec le Sahara occidental (EUCOCO), M. Pierre Galand, ainsi que par M. Mohamed Sidati, lors d'une rencontre de la «Task Force EUCOCO», élargie au groupe de travail de défense des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés. Pour M. Galand, il est temps d'intégrer dans le mandat de la Minurso la surveillance des droits de l'Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. «C'est une demande qui a été déjà engagée, il y a deux ans, suite à l'Intifada entamée en 2005 par les Sahraouis, pour protester contre la violation des droits de l'Homme par le Maroc et réaffirmer leur droit à l'autodétermination», a estimé M. Galland, qui a ajouté que c'était la première fois, au sein même du Conseil de sécurité de l'ONU, que la question de l'élargissement du mandat de la Minurso s'était posée, déplorant le fait qu'elle n'a pas abouti «à cause du droit de veto français sur cette question». L'EUCOCO a pour mission d'élargir la mobilisation des opinions publiques autour de l'insertion de cette question au sein du mandat de la Minurso, étant donné les rapports de violation avérée des droits de l'Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental émis par des organisations internationales des droits de l'Homme, notamment Human Right Watch ou Amnesty International. Mais, dans l'intervalle, les efforts des Nations unies et ceux de l'envoyé personnel de M. Ban Ki-moon pour le Sahara occidental sont de favoriser la reprise du processus de Manhasset, pour approfondir les discussions autour de l'avenir politique de ce territoire selon le principe de l'autodétermination.

par Mahrez Ilias